MOJOCA – Lettre de la rue, Noël 2018

Le fascisme ne passera pas !
Chères amies et chers amis,

 L’année se termine. C’est le temps des bons vœux pour la Noël et l’An Nouveau. Cela me rappelle le temps de l’occupation, quand les souhaits qu’on échangeait en famille et avec les amis étaient remplis d’émotions et en même temps d’appréhension. Nous vivons des temps difficiles dans le monde entier, au Guatemala, en Amérique et en Europe. Des régimes autoritaires et nationalistes surgissent dans beaucoup de pays et les valeurs d’humanité, de démocratie sont en danger. C’est donc avec émotion que je vous souhaite de bonnes fêtes de Noël et une année nouvelle, où vous pourrez réaliser vos rêves et où nous pourrons ensemble aider les jeunes des rues à réaliser leurs rêves.

C’est au nom de ces enfants et de ces jeunes des rues que je vous remercie du soutien que vous nous avez donné en cette année qui se termine. Avec Kénia et Julia, nous parlons souvent des rencontres de cette année, en particulier de la fête des 25 ans et des concerts d’Avioth. Nous sentions la chaleur de votre amitié, de votre amour pour des enfants et des jeunes lointains et votre détermination à continuer avec générosité votre solidarité. Nous savons à quel point vous êtes engagés pour organiser des initiatives malgré le travail, les charges familiales et sociales et parfois les problèmes de santé.

Jacques, notre président, nous a avertis que le Conseil d’Administration prévoyait pour les deux années suivantes, une diminution de 20% des subventions en provenance de la Belgique. Cela nous rendra prudent dans nos projets, mais nous avons l’habitude des difficultés. Nous nous laissons guider par les nécessités vitales des enfants et des jeunes qui vivent dans une grande pauvreté et nous prenons toutes les initiatives pour trouver les ressources qui nous sont nécessaires. Par exemple, en Italie, nous prévoyons pour cette année 2019, une baisse sensible des subventions parce que les réserves d’un héritage que nous avons reçu étaient épuisées. Nous avons donc multiplié les efforts pour faire surgir des antennes d’amitié, de résistance et nous avons eu la bonne surprise de constater que les subventions ne diminuent pas. Notre campagne en Italie est axée sur le projet de prévention et de guérison de la dénutrition, dans le cadre d’un soutien global à l’éducation d’environ 150 enfants et adolescents. Nous avons calculé en prenant en considération tous les coûts de cette opération, y compris les salaires des éducateurs et les frais d’administration, que le coût s’élèverait à environ 100 euros par mois. Et nos amies et amis d’Italie ont répondu avec générosité, même s’ils doivent affronter des situations sociales et économiques difficiles pour la résurgence en ce pays du racisme et du fascisme.

 Voici déjà 15 jours qu’avec Kénia, nous sommes rentrés au Guatemala. Nous avons eu la joie de constater que le Mojoca est en bonne santé, qu’on respire dans la maison de l’amitié un climat d’amitié et de dynamisme. Je vous citerai seulement quelques points, parce que nous devons attendre la fin de l’année pour établir un bilan définitif que nous vous communiquerons.

 La campagne contre la dénutrition donne déjà des résultats positifs et nous tentons d’améliorer notre intervention. Nous demanderons à une fondation belge une subvention pour des aspects importants de cette campagne. Un autre bilan positif est celui de l’éducation et de la formation professionnelle. Beaucoup de nos jeunes ont fini avec succès l’année scolaire, ont fini l’école moyenne ou même l’école secondaire. La formation professionnelle a été intensifiée non seulement dans nos ateliers, mais également dans des écoles professionnelles où les jeunes du Mojaca ont reçu une formation en informatique, en mécanique et dans d’autres branches. Chaque samedi, un cours de coiffure et de manucure était donné dans le Mojoca. Dès que nous aurons les résultats complets, nous vous les communiquerons.

 Nous avons engagé une responsable des ateliers qui est bien préparée et motivée. Et nous espérons améliorer nos résultats au cours de l’année suivante. Nous avons encore engagé un bon cuisinier, non seulement pour les repas des jeunes qui fréquentent le Mojoca, mais aussi pour notre cafétéria et pour des événements divers. Après une fermeture de deux mois de la pizzeria par manque de personnel compétent, nous envisageons une réouverture pour la fin de janvier. Le travail  de plus de 40 jeunes femmes dans les deux prisons de la capitale a été plus efficace, parce que nous avons obtenu de pouvoir les rassembler deux fois par an hors des heures de visite. Nos sessions de formation sont plus efficaces depuis qu’une psychologue participe régulièrement à ce travail. Le soutien aux enfants de ces jeunes femmes a été renforcé. Ceux qui en ont besoin participent à la campagne contre la dénutrition et plusieurs d’entre eux font partie maintenant des Mariposas et des groupes des enfants et des adolescents du Mojoca. Nous avons donné cette année une plus grande attention à la formation du personnel. Notre équipe d’administration, coordonnée par Mirna Caragua, a réussi à fonctionner impeccablement durant l’absence de deux mois de l’administratrice et de la comptable. Le nombre de jeunes femmes qui vivaient dans la maison du 8 mars a diminué considérablement, parce qu’il y a moins de femmes dans la rue. Il nous faudra donc l’ouvrir davantage aux jeunes femmes qui risquent d’aller avec leurs enfants dans les rues et aux jeunes filles des Quetzalitas qui vivent loin de la capitale et désirent fréquenter l’université ou des écoles professionnelles. Le travail des rues devraient être intensifié. Mais nous n’avons pas les ressources suffisantes pour envisager d’engager une assistante sociale. Nous devons trouver des alternatives.

 Malheureusement,  des assassinats des jeunes de la rue ne finissent pas et dernièrement un jeune de 22 ans, Oscar Mejila, a été abattu par balles pas loin du parc central où se réunissait un groupe de jeunes des rues dont il faisait partie. Oscar avait fini le premier cycle de l’école primaire dans notre école. Nous avons aussi renforcé notre participation aux coordinations de travail socio-politique organisé par l’organisation belge « Solidarité Mondiale » ou l’association italienne « Allas » qui lutte contre la mafia et autre organisation criminelle. Je vous ai dit l’essentiel des nouvelles. Vous pouvez trouver dans ma page de Facebook des nouvelles plus fréquentes et surtout des photos. C’est Kénia qui s’occupe de ce service. C’est une excellente photographe et elle connaît bien les jeunes des rues. Elle continue à s’en occuper avec passion et générosité. Ceux d’entre vous qui utilisent WhatsApp peuvent recevoir des nouvelles plus fréquentes parce que ce n’est pas facile pour moi de vous écrire des lettres. Je sais que certains sont méfiants devant ces nouveautés technologiques, mais bien utilisées, elles sont d’une grande utilité, parce qu’elles rendent plus faciles les contacts.

Chères amies et chers amis, je me sépare de vous en vous embrassant affectueusement. J’espère avoir l’occasion de vous rencontrer en Belgique, où avec Kénia, je retournerai vers la mi-juin. Mais je vous invite aussi à venir passer quelques jours avec nous au Mojoca et à vous rendre compte sur place de ce que nous faisons,

Gérard Lutte 

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