Revivre à jamais, c’est Pâques

 

Pâques 2019

Alléluia

Comme je voudrais refaire le chemin de ces deux hommes qui s’en allaient désespérés ! L’ami qu’ils adoraient était mort.

Alors, un inconnu les a rejoints dans une auberge de village.

Quelques paroles échangées, quelques gestes partagés ont ouvert tout à coup leurs yeux. Dans un vibrant « Reste avec nous ! », ils ont su qu’ils ne seraient plus jamais seuls. Et ils ont bondi de joie en proclamant au monde entier que leur Jésus était vivant à tout jamais. C’était bien lui.

Non, ils ne voyaient pas mieux que les autres, mais ils regardaient les choses autrement. Alors leur existence s’est transformée, parce que quelqu’un faisait route avec eux.

Il est vivant ! Voilà le mystère qu’ils ont ressenti et proclamé, non pas dans un cimetière, mais lors de rencontres inoubliables où se partageaient le pain et le vin.

Comme eux, nous ne serons plus jamais seuls, puisque Dieu l’a ressuscité. Nous étions sur le point de perdre cœur, de ne plus aimer. Mais il nous relance. Il rallume un feu devant notre porte. Il fait jaillir une fontaine d’eau vive dans le chœur de notre église. Le grand arbre mort du Vendredi Saint est, tout à coup, couvert de fleurs. La vie l’emporte.                             Quelqu’un – c’est toujours ainsi – nous communique son trop-plein de vitalité. À tout jamais, nous voilà transfigurés en Lui. Fêter Pâques, c’est retrouver son étonnante présence. Elle ne s’explique pas, mais elle nous fait crier de joie et répéter sans fin :

AVEC TOI, JÉSUS, ÇA IRA !

Pas facile d’expliquer cette nouvelle présence de Jésus après Pâques

À la fois intense et mystérieuse. Il est comme avant et, pourtant, il est tout autre. On le devine plus qu’on ne le vérifie. Les regards de la foi en disent plus long à son sujet que les yeux de notre corps.

Avec les enfants, nous en étions là ! En pataugeant ! En balbutiant ! Disant pêle-mêle la présence étonnante et l’absence chaleureuse du Ressuscité. Nous étions pourtant guidés par un croyant de choix : saint Thomas ! Mais oui ! Un champion, lui. Un désespéré, qui avait tant souffert de ne pas croire. Mais pleurer de ne pas croire, c’est déjà croire, non ?

Jésus avait tendu ses plaies au méfiant Thomas. Il s’était offert pour se laisser toucher par l’apôtre, dit le texte. Mais l’Évangile ne dit pas que Thomas s’était exécuté. Il était resté stupéfait ! Gêné, peut-être, d’avoir osé lancer un défi à son maître : on ne force pas un ami.

Mon vieux prof de religion en parlait superbement. Au fond, disait-il, Thomas a réalisé ce jour-là, tout à coup, ce qu’il devinait depuis toujours : JÉSUS ÉTAIT VIVANT À JAMAIS. Ils avaient connu ensemble tant d’expériences surprenantes. Et Thomas croyait enfin qu’il ne pouvait en être autrement. Mystérieusement, c’était cela Pâques !

Lorsqu’il est question d’aimer, il n’y a jamais de preuves qui tiennent. Dans quel livre de la Bible ai-je donc bu ce nectar : « Je reconnais mon bien-aimé à un seul cheveu de son cou ! » Croire d’abord en Jésus et, plus tard, le reconnaître : une seule et même aventure passionnante !!

Un seul cheveu ? Mais un cheveu capable de signifier tant de choses. Comme ce pain partagé à quelques heures de la mort de Jésus. Le signe d’un amour qui se donne. « C’est tout moi » disait-il en brisant la miche.

Père Loup, extrait de « Lettres d’espérance »

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