Lettre pour un temps de confinement

Chers amis, vu ce temps exceptionnel que nous traversons, j’ai voulu vous partager, à la place du commentaire de l’évangile,  les deux textes repris ci-après dans notre feuillet d’informations paroissiales (Philibert Kiabelo)

Lettre pour un temps de confinement
(Extrait de la « lettre aux prêtres, diacres… », Mgr Jean-Luc Hudsyn, 15 mars 2020)

En ce premier dimanche [15 mars 2020] où nous avons vécu cette expérience inédite de confinement national, je voulais m’adresser spécialement à vous et vous dire ma proximité de cœur et ma communion. Non seulement communion avec vous, mais à travers vous, avec tous les chrétiens de nos diverses communautés.

Soucieux de vivre de façon responsable la solidarité que nous demande impérativement la pandémie que nous connaissons, nos dimanches et nos semaines seront particuliers pour un certain temps. Dès les origines de la tradition chrétienne, on a parlé du « baptême de désir ». Mais Thomas d’Aquin, Thérèse d’Avila, le Concile de Trente, S. Jean-Paul II parlaient aussi de « l’eucharistie de désir » – une expression si belle : vivre et raviver en soi ce désir intense de l’eucharistie et de la communion au Christ, même si l’on est empêché de pouvoir communier à son Corps donné et au Sang de son Alliance. Découvrir aussi en creux, durant ces semaines sans assemblées, combien il est précieux de pouvoir se soutenir mutuellement en vivant aussi cette communion entre nous de dimanche en dimanche. C’est l’occasion de pratiquer le jour du Seigneur dans ces différentes facettes : écoute priante de la Parole de Dieu, temps de prière en famille, dans un coin de prière à domicile, intercession, action de grâce, attention aux autres, proches ou lointains.

Les circonstances nous imposent de vivre la solidarité, vivons donc un carême particulièrement créatif en ce domaine. D’abord en prenant très au sérieux les règles d’hygiène et de bonne distance qui nous sont demandées avec insistance. Cela étant, n’abandonnons personne et surtout pas ceux qui risquent de ressentir le plus la solitude et l’isolement

+Jean-Luc Hudsyn, Évêque auxiliaire pour le Brabant wallon

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Ce temps de confinement, et si c’était une chance ?
(Extrait de l’Edito du journal « Dimanche » du 22 mars 2020)

Le week-end dernier a paru bien étrange. Un peu comme si le pays était sous cloche. Si les premières réactions des gens laissent une impression négative, compte tenu du comportement peu altruiste dont beaucoup, sous le coup de la peur, ont fait preuve en faisant des provisions à outrance, de façon injustifiée, il est évident que la crise que nous traversons entraînera un changement sociétal qui, nous devons l’espérer, sera bénéfique.

Depuis le début de ce XXIè siècle, le monde est chahuté. Les repères disparaissent les uns après les autres, le repli sur soi a eu tendance à prendre le dessus, le rejet de l’autre et de la différence s’est amplifiée, la fracture sociale s’est accrue, la poussée des extrêmes en politique a balayé les formations traditionnelles. Nous courions vers une société sans âme, égoïste et socialement divisée. Et voilà que ce Covid-19 vient bousculer les choses. Nos pensées vont aux victimes, aux malades et à leurs proches. La campagne de prévention pour éviter la propagation de la maladie, se termine par ses mots : « Prenez soin de vous et des autres. »

Le confinement nous aura rappelé que l’on ne vit pas seul mais que nous avons besoin des autres. Cette difficile période est donc un moment idéal pour réfléchir, s’interroger sur le sens de nos actions de notre mode de pensée. Prenons un exemple : la communion que nous recevons chaque dimanche nous manque. Le fait de prier avec d’autres aussi.
Dans le futur, nous allons devoir impérativement revoir nos manières de vivre, réorienter nos politiques industrielles, financières et économiques, reconsidérer nos relations sociales apporter une autre réponse aux défis migratoire et environnemental. Bref vivre autrement. En langue chinoise mandarin, le mot « crise » signifie conjointement « danger et opportunité » Cela signifie qu’en période incertaine, les mauvaises nouvelles ou les situations désagréables sont autant d’opportunité de reconsidérer l’avenir autrement. Cette crise est donc également une opportunité pour bâtir une société à laquelle tant de personnes et surtout des jeunes aspirent.

Jean-Jacques Durré, Edito du Journal « Dimanche » du 22 mars 2020

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